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Anax parthenope - Anax napolitain

Les Aesnidés représentent des libellules de grande taille dont les gros yeux se touchent sur le dessus de la tête.

Anax parthenope - Anax napolitain


Classification

  • C : insectes
  • O : odonates
  • sO : zygoptera
  • F : aeshnidae
  • GE : Anax parthenope

Noms vernaculaires

  • Français : Anax napolitain


Juillet 2006, Lavogne de Drigas, Causse Méjean (Lozère - France)

Détermination précise non garantie : cet individu a fait couler beaucoup d'encre et les spécialistes ne sont pas arrivés à se mettre d'acord sur l'espèce précise, Anax napolitain (Anax parthenope) ou Anax empereur (Anax imperator). Il eut mieux valu que je le classe sous le nom d'Anax sp. sans autre précision, mais je pense intéressant de garder ici toute la discussion qui montre à quel point la détermination des insectes peut être délicate.
Lavogne de Drigas II fait très chaud et nous quittons les gorges pour chercher un peu d'air sur le causse. La lavogne de Drigas est réputée pour attirer de nombreux oiseaux, donc probablement aussi de nombreux insectes. Anax parthenope
Ils sont nombreux effectivement ; des guêpes fouisseuses, des papillons en tout genre, des criquets innombrables, des demoiselles, des libellules... Ce sont elles qui nous intéressent sur cete page et particulièrement l'une d'entre elles que j'ai vu pondre sur la mare, activité qui l'a occupé une bonne demi-heure en plusieurs endroits de cette flaque d'eau trouble.
Anax parthenope
Anax parthenope
Anax parthenope
Pendant tout ce temps j'ai eu la chance de pouvoir la photographier sous tous les angles ou presque. Commençons de dos pour une vue d'ensemble sur son corps, les ailes bien à plat, le bout de l'abdomen plongé dans l'eau. Et profitons d'une période de recherche de site de ponte pour la surprendre en vol. Exercice difficile en général, facilité ici par une attitude particulière ; elle se déplaçait en vol circulaire (ce qui me fait dire qu'il s'agissait d'une activité de recherche) en suivant une trajectoire rigoureusement identique à chaque tour, j'ai donc affiné mes réglages sur deux ou trois tours puis déclencher juste avant son passage devant l'objectif pour compenser le temps de latence au déclenchement et le déplacement. Tout cela étant fait à main levée, il y a beaucoup de loupés... et cette photo dont je ne suis finalement pas mécontent.
Anax parthenope Les lieux de ponte diffèrent d'un moment à l'autre mais les attitudes restent identiques. L'abdomen se contracte de temps à autre. C'est un effort qui nécessite une compensation d'équilibre par quelques battement d'ailes (où faut-il voir dans ceux-ci un rôle moins évident comme ventilation ou camouflage ?). De photo en photo on admirera cet animal dans les détails de structure et de couleurs. Elle allie l'émeraude, la pourpre et la turquoise avec bonheur. J'ai eu la surprise de constater que des Agrions porte-coupe (Enallagma cyathigerum) semblaient la confondre avec leur propre femelle qui n'a guère pour réelle ressemblance que la dominante verte ! Quelle était donc leur raison exacte pour s'intéresser ainsi à elle ? Anax parthenope
Anax parthenope Anax parthenope
Anax parthenope Anax parthenope
Anax parthenope Anax parthenope Anax parthenope
Cyrille Deliry, sollicité pour déterminer cette espèce, me suggère A. parthenope "en raison de l'anneau jaune derrière les ailes au début de l'abdomen qui la distingue des espèces voisines". Des recherches complémentaires me confirment bien cette caractéristique mais personnellement, lisant la couleur de cet anneau plus verte que jaune je cherche à croiser les informations, et à partir de cette piste je découvre sur des ressources en lignes (sur la validité desquelles il convient toujours de rester prudent) d'autres clés de détermination qui précisent "le front est blanchâtre chez A. parthenope et vert chez A. imperator. En plus la coloration bleue de l’abdomen ne s’étend que sur les premiers segments de l’abdomen chez A. parthenope et la totalité de l’abdomen chez A. imperator. En outre, il semblerait qu’A. parthenope ponde en tandem (comme A. affinis) contrairement à A. imperator". Ces remarques correspondent à mes photos (anneau vert, segments bleus sur tout l'abdomen, front vert et ponte solitaire) mais il faut rester prudent, la nature a ceci en commun avec la langue française que les exceptions confirment souvent la règle ! Au moins ai-je déjà connaissance du genre avec certitude ! Cyrille me demande des photos en résolution maximale pour y trouver des indices pouvant lever le doute. Voici ces extraits de gros plans et les extraits de sa réponse qui intéresseront tout curieux de cette espèce comme je l'ai été.

Anax parthenope

"Sur aucune photographie on ne voit les petites pointes sub-microscopiques que je croyais voir sur une des images. Donc le critère qui «tue» n'est pas disponible".

Anax parthenope

"Par contre l'examen fin de la forme et de la taille de l'oeil, de la répartition de ses colorations, du dessin sur le front, de la plage bleue en avant du front, de la forme détaillée des pièces à ce niveau, viennent à mon sens affiner Anax parthenope, ce ajouté à l'anneau de l'abdomen dont j'ai déjà parlé, le faisceau converge. Les ailes très enfumées sont aussi un critère fréquent des femelles de parthenope, certes existant chez les vieilles femelles d'imperator... L'observation de la densité assez lache des cellules sur les ailes et la force relativement importante des principales nervures font aussi plutôt penser à A. parthenope. Je trouve un défaut ; ledit anneau "jaune" (verdâtre donc) me semble normalement précédé juste derrière le thorax au niveau de l'abdomen par une zone plutôt sombre, mais certes éclaircie sur les individus assez jeunes. A l'examen de toute sorte d'éléments parfois subtils, j'approche systématiquement parthenope, jamais imperator. Par contre, je ne dispose d'aucun élément critique qui permette une certitude absolue. Je suggère A.parthenope probable ou A.imperator douteux."

Anax parthenope

"Le critère absolu est l'existence de petites pointes situées de part et d'autre du triangle derrière l'oeil. Il est le plus souvent nécessaire d'effectuer une capture pour le voir".

Anax parthenope

Francis Bronnec, quant à lui, sollicité parrallèlement, écrit : "Je ne voudrais pas contredire C. Deliry mais sur vos photos les deux premières ont le thorax vert, le front bleuté au sommet et jaune vert en dessous. Quand je commençais les libellules, je croyais toujours que c'était A. parthenope alors que c'était toujours A. imperator femelle qui a le premier segment bleuté mais de manière beaucoup plus vive et tranchée que A. parthenope. C'est flagrant de loin : on voit comme un spot bleu et le reste de la libellule sans couleur distincte (maronnasse plutôt).
Pour moi c'est le cas de le dire, y'a pas photos : A. imperator. En plus elle pond en solo, enfonçant profondément son abdomen dans l'eau de manière typique".
 

C. Deliry complète à son tour : "Si en effet ce thorax vert est plus fréquent chez imperator, il n'est pas exclusif et parthenope peut l'arborer. Ce critère seul est donc insuffisant... Ce qui me met le plus en doute en faveur de parthenope est l'anneau jaunâtre et les ailes enfumées. Le critère absolu aurait nécessité une prise en main et un examen à la loupe derrière les yeux (deux pointes), donc si les photos ne montrent pas celà et que les photographies ont des indices forts pour parthenope, et assez faibles pour imperator, ceci reste un parthenope probable, et un imperator douteux... Certes la ponte solitaire est un indice fort pour imperator, toutefois rien ne permet de conclure dans ce cas de figure, car un tandem dérangé peut voir la femelle terminer l'affaire seule. La rigueur voudrait à mon avis ici Anax sp. car nous ne sommes pas à 100 % de certitude".

Cyrille me joint dans un dernier message un montage photo extrait d'un ouvrage sur l'odonatologie européenne paru en 2006 (que je ne reproduis pas ici par respect du copyright). Ces photos montrent une plutôt vieille femelle mais typique d'Anax imperator au thorax et à l'abdomen entièrement vert, et une Anax parthenope femelle dans un état extrême de coloration bleue sur laquelle l'anneau jaune est loin d'être aussi vif que courrament représenté. Si cette dernière a effectivement le thorax plutôt brun, elle arbore des dessins et des couleurs du front identiques à ce que l'on retrouve sur mes propres photos et que n'arbore pas imperator. L'existence d'un anneau jaunâtre, alliée au dessin du front et aux ailes enfumées, engage donc à avoir un doute raisonnable contre Anax imperator, et un soupçon argumenté pour Anax parthenope, malgré la présence d'un thorax plutôt vert et un abdomen bleu qui ne sont donc pas, comme nous le voyons, des critères stricts.
Ces dernières précisions montrent à quel point il est délicat pour un néophyte de s'en tenir aux critères que l'on peut trouver dans la littérature, même spécialisée, car ce sont le plus souvent les critères évidents, les plus communs, qui y sont relatés, et non les détails et nuances dûs aux conditions locales, à l'âge... qui se rencontrent sur un individu en particulier. Les dessins et/ou photos publiées dans les guides les plus courants ne montrent également le plus souvent que ces critères évidents et peuvent conduire à une détermination approximative, voire erronnée. Pour le photographe naturaliste que je suis (et non pas naturaliste photographe), il convient donc d'adopter une conduite plus que prudente en la matière.
Conclusions :
- Cyrille Deliry :
A. parthenope probable ou A. imperator douteux.
- Francis Bronnec :
A. imperator (mais sans certitude absolue).

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Mise à jour de cette page le 21/10/2008 • Mise à jour du site le 24/01/2010
 
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